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Il s'agit de la « formation de l’esprit par les lettres, fondés sur la conviction que l’on devient soi-même et que l’on s’arme
pour la vie par une confrontation avec les grands textes du passé, et par une confrontation personnelle, en les lisant, en les traduisant, en les comprenant, en les commentant, en les imitant par
soi-même, c’est ce qu’on appelait naguère "faire ses humanités" ». (Source : M. Zink, Asmp.fr)
Michel Zink (né le 5 mai 1945 à ssy Les moulinneaux) est un philosophe français, spécialiste de la littérature française du Moyen Age.
Dans l'article, voir : M. Zink, Asmp.fr, Michel Zink nous apporte une vision réaliste de la disparition de l'école des humanités.
Autre extrait :
"...aucune réflexion sur l’éducation n’échappe à deux constatations d’évidence, qu’il
est cependant difficile d’avoir simultanément présentes à l’esprit, si grande est la tentation d’ignorer l’une ou l’autre. La première est la
suivante : aussi loin que l’on remonte dans le temps, depuis qu’il existe dans notre civilisation quelque chose qui ressemble à un enseignement et à des écoles, l’éducation a consisté
d’abord et essentiellement à lire des auteurs anciens. Ce que l’on jugeait essentiel d’enseigner à la jeunesse, c’était l’exactitude de la langue et ses ressources expressives, le maniement de la
pensée, sa profondeur et son élévation, les leçons de l’histoire et les actions des hommes : tout cela, on l’apprenait en étudiant minutieusement, souvent en retenant par cœur, des œuvres
littéraires (le changement de sens de ce mot au cours des siècles nous importe peu, au moins pour l’instant). Ces œuvres littéraires étaient des œuvres du passé : les poèmes homériques quand les
tragédies d’Euripide étaient les nouveautés de la saison, les tragédies d’Euripide à l’époque hellénistique, la littérature de la fin de la République et de l’époque augustéenne dans l’empire
finissant, les lettres latines dans la France médiévale et moderne, les fables de La Fontaine à l’aube du XXe siècle, etc. Cet apprentissage par les lettres, cette formation de l’esprit par les
lettres, fondés sur la conviction que l’on devient soi-même et que l’on s’arme pour la vie par une confrontation avec les grands textes du passé, et par une confrontation personnelle, en les
lisant, en les traduisant, en les comprenant, en les commentant, en les imitant par soi-même, c’est ce qu’on appelait naguère "faire ses humanités".
Cette conception de l’éducation a été universellement reconnue comme naturelle et légitime presque jusqu’à nos jours. Mais pas jusqu’à
nos jours. Car la deuxième constatation est qu’elle n’existe plus. Je ne dis pas qu’elle est en recul ni qu’elle s’est marginalisée. Elle a
disparu."
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